Le 9 mars 2026

Utilisation du dostarlimab associé à une chimiothérapie dans le cancer de l’endomètre dMMR avancé ou récurrent

Contexte

Le dostarlimab, un inhibiteur PD-1, a été initialement approuvé en Europe en 2021 pour le traitement du cancer de l’endomètre avancé ou récurrent présentant une déficience du système de réparation des mésappariements des bases (dMMR)/une instabilité microsatellitaire élevée (MSI-H). L’essai de phase III RUBY a ensuite démontré une amélioration de la survie avec le dostarlimab associé à une chimiothérapie, ce qui a conduit à l’autorisation de cette indication dans l’Union Européenne en 2023. Cependant, les données réelles sur l’utilisation du dostarlimab dans la pratique clinique courante restent limitées.

 

Objectifs

Cette étude visait à décrire les caractéristiques des patientes, leur survie et les résultats en matière de sécurité du dostarlimab associé à une chimiothérapie dans cette population.

 

Méthodes

Nous avons utilisé le Système national de données de santé (SNDS) pour inclure toutes les patientes atteintes d’un cancer de l’utérus qui ont reçu du dostarlimab dans le cadre du programme français d’accès précoce entre le 27 septembre 2023 et le 30 juin 2024, avec un suivi jusqu’au 30 novembre 2025. La survie globale (SG), le délai avant l’arrêt du traitement (TTD) et la survie sans progression en vie réelle (rwPFS ; c’estàdire traitement ultérieur, soins palliatifs ou décès) ont été estimés à l’aide de la méthode de KaplanMeier. Les résultats en matière de sécurité ont été identifiés à partir des diagnostics d’hospitalisation et des délivrances ambulatoires, et leur prévalence a été rapportée pour 1 000 personnesmois (PM).

 

Résultat

La cohorte comprenait 644 patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre dMMR/MSI-H (âge médian de 71 ans), la plupart présentant un stade métastatique (73,3 %). A baseline, 22,2 % des patientes étaient obèses, 20,0 % souffraient d’une maladie cardiovasculaire et 20,2 % étaient diabétiques. Au cours du suivi (médiane [IQR] : 18,8 mois [10,8-21,9]), 264 patientes (41,0 %) sont décédées. La médiane de survie globale n’a pas été atteinte et la probabilité de survie globale à 1 an était de 72,8 % (IC à 95 % : 69,5-76,3). Les TTD et rwPFS étaient plus faibles, avec une médiane de 8,6 et 9,7 mois, et des probabilités de survie à 1 an de 35,7 % (IC à 95 % : 32,2-39,6) et 44,4 % (IC à 95 % : 40,7-48,4), respectivement. Hormis les événements indésirables (EI) potentiels non spécifiques liés au système immunitaire (193,6/1 000 PM), les EI hématologiques ont été les plus fréquents (23,8/1 000 PM), principalement l’anémie (18,9/1 000 PM), suivis des EI digestifs (14,0/1 000 PM).

 

Conclusion

Cette première étude en vie réelle concernant le dostarlimab associé à une chimiothérapie dans le cancer de l’endomètre avancé ou récurrent a porté sur une population plus âgée, présentant davantage de comorbidités et moins sélectionnée, avec une maladie plus avancée que dans l’essai RUBY. Les résultats en termes de survie étaient moins favorables, mais le profil de sécurité était comparable.

Article

Singier, A. et al. (2026), BioDrugs