Utilisation de l’acétate de médroxyprogestérone injectable
Objectifs
Notre objectif était d’évaluer l’utilisation du contraceptif injectable acétate de médroxyprogestérone 150 mg/3 ml (DMPA, Depo Provera®) en France entre 2010 et 2023.
Méthodes
Nous avons identifié toutes les femmes de tous âges vivant en France métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer ayant reçu une prescription de DMPA à partir des données du Système national de données de santé (SNDS). Les caractéristiques sociales et médicales de base des femmes ont été extraites. Le type de médecin ayant délivré la première prescription a également été étudié (spécialité, hôpital ou cabinet privé). Nous avons complété nos données par les données de vente du DMPA pour 2022 et 2023 en France. Nous avons évalué les taux de poursuite de traitement à un an et à deux ans chez les nouvelles utilisatrices.
Résultats
Au cours de la période étudiée (2010-2023), 30 395 personnes ont utilisé le DMPA au moins une fois, pour un total de 140 247 délivrances. L’âge médian au début du traitement était de 31 ans (écart-type : 8,6). La majorité des nouvelles utilisatrices de ce contraceptif vivaient en Guyane française (26,8 %, n = 9 271), en Seine-Saint-Denis (11,5 %, n = 3 979) et en Guadeloupe (8,8 %, n = 3 038). La moitié des femmes étaient affiliées à la CMUc au moment de la mise en place (51,2 %, n = 17 748), 17,7 % (n = 6 118) étaient classées dans la catégorie « arrivée récente sur le territoire français » et 43,1 % (n = 14 937) vivaient dans les territoires d’outre-mer. En 2023, les médecins généralistes représentaient la moitié des premières prescriptions de DMPA, les gynécologues et les sages-femmes représentant l’autre moitié. Un an après le début du traitement, seules 16,7 % des femmes utilisaient encore les injections de DMPA, et 15,5 % après deux ans.
Conclusion
Cette étude nationale confirme que le DMPA est rarement utilisé en France, par les populations défavorisées vivant dans des zones à forte immigration. La plupart des utilisatrices en France ne semblent pas utiliser cette contraception à long terme, mais les déterminants de la persistance de cette contraception chez celles qui continuent doivent être explorés.
Roland, N. et al. (2026), Therapies