Sacituzumab govitecan dans le cancer du sein
Contexte
Le sacituzumab govitecan (SG) a obtenu une autorisation d’accès précoce en France en tant que traitement de troisième ligne pour le cancer du sein triple négatif métastatique (mTNBC) et le cancer du sein métastatique à récepteurs hormonaux positifs/HER2 négatifs (HR+/HER2–mBC). Cette étude de cohorte nationale a évalué son utilisation dans la pratique clinique et ses résultats en termes de survie.
Méthode
À l’partir du Système national des données de santé (SNDS), nous avons inclus tous les patients ayant commencé un traitement par SG entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2023, avec un suivi jusqu’au 30 juin 2024. Les données démographiques, les comorbidités et les traitements antérieurs des patients ont été enregistrés. La survie globale et le délai avant l’arrêt du traitement ont été estimés à l’aide des méthodes de Kaplan-Meier, et des modèles multivariables de Cox ont permis d’identifier les facteurs pronostiques de la survie globale.
Résultats
3653 patientes ont été incluses : 2527 atteintes d’un mTNBC et 1126 atteintes d’un mBC HR+/HER2–, dont l’âge médian était respectivement de 58 et 61,5 ans. La médiane de survie globale était de 11,0 mois (IC à 95 % : 10,4-11,7) pour le mTNBC et de 11,4 mois (IC à 95 % : 10,7-12,4) pour le mBC HR+/HER2–. La survie à un an était respectivement de 47 % et 48 % et la médiane de TTD de 4,3 et 3,5 mois. Une survie globale plus faible était indépendamment associée à l’initiation d’un traitement par SG en milieu hospitalier et à des métastases hépatiques/digestives. Dans le mTNBC, d’autres facteurs incluaient des métastases cérébrales, des maladies respiratoires, une hospitalisation liée au tabagisme, des sites métastatiques multiples et des traitements antérieurs.
Conclusion
L’étude souligne la pertinence clinique du SG et la difficulté de transposer l’efficacité observée dans les essais cliniques aux résultats dans la pratique réelle, renforçant ainsi la nécessité de poursuivre les recherches sur la tolérance dans des populations plus larges.
Shaaban, A. et al. (2026), British Journal of Cancer