Suivi de l’utilisation de la prophylaxie pré‐exposition (PrEP) au VIH
A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le Groupement d’Intérêt Scientifique EPI-PHARE (ANSM-CNAM) actualise les données sur l’utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH par Truvada® ou génériques en France jusqu’au 30 juin 2025. Ces chiffres actualisés mettent en évidence une stabilisation du rythme de diffusion de la PrEP, contrastant avec l’accélération continue observée jusqu’en 2023. Malgré la poursuite des évolutions dans le profil des utilisateur.trice.s et les modalités d’utilisation de la PrEP, sa diffusion à toutes les catégories de population qui pourraient en bénéficier reste encore limitée.
Le Groupement d’Intérêt Scientifique EPI-PHARE (GIS ANSM-CNAM) réalise depuis 2017 un suivi de l’évolution de l’utilisation de Truvada® ou génériques pour une prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS). Le rapport publié aujourd’hui fournit une actualisation de ce suivi jusqu’au 30 juin 2025.
Un total de 124 181 personnes de 15 ans ou plus ont utilisé la PrEP entre sa mise à disposition en France en janvier 2016 et fin juin 2025, et parmi elles 67 505 y ont effectivement eu recours au cours du premier semestre 2025. Entre juillet 2024 et juin 2025, la PrEP a été initiée par 20 058 nouveaux.velles utilisateur.trice.s, un nombre très proche de celui des deux années précédentes (19 386 initiations entre juillet 2023 et juin 2024 et 20 066 entre juillet 2022 et juin 2023). Cette stabilisation des initiations de PrEP au cours des deux dernières années contraste avec la hausse continue du nombre annuel de nouveaux.velles utilisateur.trice.s observée jusqu’en 2023. Par ailleurs, un tiers des initiations de PrEP effectuées en 2024 n’ont été suivies d’aucun renouvellement dans les 6 mois suivants, une proportion en hausse par rapport aux années précédentes.
Poursuivant des tendances des années précédentes, la part des initiateur.trice.s résidant à Paris a continué à diminuer au cours de la dernière année, au profit d’autres régions métropolitaines – notamment Normandie et Nouvelle-Aquitaine – et de la grande couronne parisienne. En revanche, la part des initiateur.trice.s résidant dans les DROM s’est stabilisée autour de 2%. L’augmentation régulière de la part des femmes, des bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire, et des personnes résidant en milieu semi-urbain ou rural observée depuis plusieurs années s’est poursuivie au cours de la dernière année. Toutefois, l’ampleur de ces évolutions est restée limitée et au premier semestre 2025, les utilisateur.trice.s de la PrEP restaient encore principalement des hommes (94%) résidant en Île-de-France (35%) ou dans une grande métropole (66%), parmi lesquels la proportion de personnes en situation de précarité est faible (11% affilié.é.s à la Complémentaire Santé Solidaire, <1% à l’Aide Médicale d’État) et le niveau d’accès aux soins primaires est plus élevé que pour la moyenne des français.
La prédominance de la prescription de la PrEP par des médecins de ville plutôt qu’à l’hôpital ou en CeGIDD constatée depuis fin 2023 s’est confirmée au cours de la dernière année, en particulier pour les renouvellements de traitement dont la part prescrite en ville a augmenté (53% entre juillet 2024 et juin 2025 contre 51% l’année précédente). Les prescripteurs de ville sont restés principalement (près de 9 fois sur 10) des médecins généralistes. Au premier semestre 2025, comparé aux initiations à l’hôpital ou en CeGIDD les initiations de PrEP en ville ont concerné un peu plus souvent des résident.e.s de grandes métropoles (68% contre 63%), et un peu moins souvent des jeunes de moins de 25 ans (21% contre 26%) et des bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (11% contre 12%). De plus, une part plus importante des initiations en ville n’ont été suivies d’aucun renouvellement dans les 6 mois suivant l’initiation (37% contre 33%).
En conclusion, au cours de la dernière année la diffusion de la PrEP s’est poursuivie à un rythme stable par rapport aux deux années précédentes, contrastant avec la hausse continue du nombre annuel de nouveaux.velles utilisateur.trice.s observée jusqu’en 2023. Le profil des utilisateur.trice.s et les modalités d’utilisation de la PrEP ont continué à évolué dans la lignée des tendances constatées au cours des années précédentes. Toutefois, la diffusion de la PrEP à toutes les catégories de population qui pourraient en bénéficier reste encore limitée.
Suivi de l’utilisation de Truvada® ou génériques pour une prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS) – Actualisation des données jusqu’au 30 Juin 2025