Le 11 février 2026

Adoption de la vaccination contre le HPV et facteurs associés en France

Contexte

Bien que la couverture vaccinale contre le HPV soit restée faible en France, les informations sur les obstacles à la vaccination sont incomplètes. Cette étude nationale visait à évaluer l’adoption de la vaccination contre le HPV et les facteurs associés, ainsi que l’évolution des recommandations depuis sa mise en œuvre.

 

Méthodes

À partir des données du Système national de données de santé (SNDS), toutes les personnes âgées de 10 à 29 ans ont été incluses. La couverture vaccinale annuelle contre le HPV entre 2007 et 2023 a été évaluée par tranche d’âge et par sexe. Les associations entre les caractéristiques sociodémographiques, l’utilisation et l’accès aux soins de santé et les caractéristiques médicales des individus et la vaccination contre le HPV ont été évaluées à l’aide de modèles de régression logistique multivariables.

 

Résultat

Sur les 27,9 millions d’individus inclus, 5,9 millions ont reçu le vaccin contre le HPV : 3,4 millions (2,7 millions de femmes/0,7 million d’hommes) âgés de 10 à 14 ans, 2,2 millions (1,9 million/0,3 million) âgés de 15 à 19 ans et 0,28 million (240 000/40 000) âgés de 20 à 29 ans. Le taux annuel de vaccination a augmenté de manière constante depuis 2012, atteignant 17,1 % et 15,7 % des filles et des garçons âgés de 10 à 14 ans en 2023. Dans tous les groupes d’âge et de sexe, le désavantage socio-économique était associé à une probabilité plus faible de vaccination (rapports de cotes ajustés allant de 0,45 à 0,84 pour les bénéficiaires d’une allocation d’assurance maladie complémentaire et de 0,55 à 0,73 pour les personnes vivant dans le quintile le plus défavorisé des municipalités), et ces disparités se sont creusées au fil du temps chez les filles âgées de 10 à 19 ans. Si la probabilité de vaccination contre le HPV augmentait avec le nombre de contacts avec le système de soins de santé primaires, le syndrome de Down (trisomie 21), le diabète et les troubles mentaux étaient associés à une diminution des chances de vaccination contre le HPV.

 

Conclusion

Jusqu’en 2023, les jeunes défavorisés, ceux qui avaient un accès limité aux soins de santé ou qui souffraient de maladies chroniques, ont moins bénéficié de la vaccination contre le HPV que les jeunes plus privilégiés.

Article

Dufour, L. et al. (2026), Vaccine