Facteurs de risque prénataux et périnataux communs et spécifiques aux troubles du neurodéveloppement
Les troubles du neurodéveloppement (TNDs) sont fréquents, coexistent souvent et représentent un fardeau considérable ; pourtant, on ne sait pas encore clairement dans quelle mesure les facteurs de risque précoces diffèrent selon le spectre des TNDs.
À l’aide du registre EPI-MERES, issu du Système national de données de santé, nous avons mené une étude de cohorte nationale portant sur l’ensemble des 6,8 millions d’enfants nés en France entre 2010 et 2018, suivis jusqu’en septembre 2024. Nous avons étudié les facteurs de risque prénataux et périnataux, notamment l’âge gestationnel, le petit poids pour l’âge gestationnel (PPAG), l’hypoxie néonatale, les malformations congénitales, l’âge des parents, l’exposition maternelle à l’alcool et au tabac, l’obésité maternelle et le désavantage socio-économique, en relation avec cinq TND majeurs : les troubles de la communication, les troubles spécifiques de l’apprentissage, le trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre autistique (TSA) et la déficience intellectuelle (DI). Les modèles ont été estimés avec et sans ajustement pour les TNE cooccurrents. Au total, 506 505 enfants (7,5 %) ont été identifiés comme présentant au moins un TND au cours d’un suivi médian de 9,6 ans. La cooccurrence était fréquente, en particulier pour la DI (54,5 %), les TSA (52,2 %) et le TDAH (34,9 %).
Dans les modèles non ajustés pour tenir compte de la co-occurrence des troubles du neurodéveloppement, plusieurs facteurs étaient communs à l’ensemble des troubles, notamment le sexe masculin, la prématurité, le retard de croissance intra-utérin (RCIU), les malformations congénitales, l’obésité maternelle, l’exposition prénatale à l’alcool et au tabac, ainsi que le jeune âge de la mère. En outre, certaines expositions présentaient des associations spécifiques à certains troubles, notamment à la déficience intellectuelle (DI) : la prématurité extrême, le RCIU, les malformations congénitales, l’hypoxie néonatale et l’âge avancé des parents.
Après ajustement pour tenir compte de la cooccurrence des TNDs, plusieurs associations se sont atténuées, indiquant que certains facteurs de risque contribuent simultanément à plusieurs troubles ; par exemple, la prédominance masculine dans la déficience intellectuelle et l’association entre la prématurité extrême et les TSA ont été considérablement réduites.
Ces résultats mettent en évidence des profils de risque prénataux et périnataux communs et spécifiques à chaque TND, et soulignent l’importance de prendre en compte les diagnostics de co-occurrence pour comprendre les voies étiologiques et éclairer les stratégies de prévention précoce.
Peyre, H. et al. (2026), Molecular Psychiatry