Le 16 juin 2026

Risque de lymphome associé aux médicaments biologiques et aux immunosuppresseurs dans les MICI

Contexte

Les données actuelles ne permettent pas de conclure sur le risque de lymphome lié à l’éventail thérapeutique en constante expansion pour les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Notre objectif était d’évaluer le risque de lymphome associé aux différents traitements des MICI à l’aide d’une base de données nationale à base de population.

 

Méthodes

Nous avons mené une étude cas-témoins imbriquée au sein d’une cohorte regroupant tous les patients atteints de MICI enregistrés dans le Système national de données de santé (SNDS) entre 2009 et 2024. Les cas incidents de lymphome ont été appariés à un maximum de 50 témoins en fonction de l’année civile, de l’âge, du sexe et de la durée de la MICI. Les expositions comprenaient les thiopurines, le méthotrexate, les antiTNF, le vedolizumab, l’ustekinumab et les JAKi. Les rapports de cotes ajustés ont été estimés à l’aide d’une régression logistique conditionnelle, en tenant compte des facteurs sociodémographiques, des caractéristiques de la MICI et des comorbidités.

 

Résultats

Parmi 422 793 patients atteints de MICI, 1 238 cas de lymphome et 52 565 témoins appariés ont été inclus. L’exposition actuelle aux thiopurines (aOR 2,36, IC à 95 % : 2,00–2,79) et aux anti-TNF (aOR 1,72, IC à 95 % : 1,45–2,05) était associée à un risque accru de lymphome. Le risque était plus que triplé en cas d’association d’anti-TNF et de thiopurines/méthotrexate (OR ajusté 3,44, IC à 95 % : 2,62–4,51). Le risque persistait jusqu’à trois ans après l’arrêt des thiopurines et un an après l’arrêt des anti-TNF. Une relation dose-réponse a été observée pour les thiopurines.

Les thiopurines étaient associées au lymphome de Hodgkin et au lymphome non hodgkinien de haut grade, tandis que les anti-TNF augmentaient le risque pour tous les sous-types de lymphomes, y compris le lymphome non hodgkinien de bas grade.

En revanche, le vedolizumab, l’ustekinumab et les JAKi n’étaient pas associés à un risque accru de lymphome. Le méthotrexate était associé à un risque accru de lymphome, bien que cette association ne soit pas constante dans les analyses de sensibilité.

 

Conclusion

Ces résultats confirment l’augmentation du risque de lymphome associée aux thiopurines et aux antiTNF dans le cadre des MICI, tandis qu’aucune augmentation du risque n’a été observée pour le védolizumab, l’ustekinumab et les inhibiteurs de JAK.

 

 

Article

Meyer, A. et al. (2026), Clinical Gastroenterology and Hepatology