Le 20 avril 2026

Utilisation inappropriée des fluoroquinolones orales chez les adultes par les médecins généralistes en France

Contexte

Les fluoroquinolones (FQ) sont des antibiotiques à large spectre efficaces contre diverses infections. Cependant, leur utilisation a été progressivement restreinte par les recommandations en raison de préoccupations liées à la sécurité, ce qui a conduit à des réévaluations répétées de leurs indications. Malgré une baisse marquée des prescriptions, leur utilisation inappropriée reste préoccupante. Cette étude visait à évaluer les indications de prescription des FQ en médecine générale en France et à analyser leur évolution entre 2014 et 2023 à la lumière de l’évolution des recommandations.

 

Méthodes

Nous avons mené une étude observationnelle descriptive à partir des données de la base THIN® (The Health Improvement Network), gérée par CEGEDIM-GERS DATA. Cette base de données européenne recueille des dossiers médicaux électroniques anonymisés provenant de médecins libéraux de sept pays, dont la France depuis 2014. En 2023, le panel français comprenait plus de 3 millions de patients et environ 2 000 médecins généralistes. Les données disponibles comprennent des informations administratives et médicales. Les prescriptions de FQ par voie orale pour les patients âgés de 20 ans et plus ont été analysées en 2014, 2019 et 2023 afin d’évaluer leur conformité à cinq référentiels : l’autorisation de mise sur le marché (AMM), le SPILF 2015 (Société française des maladies infectieuses), la HAS 2016 (Haute Autorité de santé) et l’EMA 2018/2019 (Agence européenne des médicaments). Les résultats ont été stratifiés par sexe, âge, molécule et catégorie d’indication.

 

Résultats

les prescriptions de fluoroquinolones par les médecins généralistes ont diminué de 59 % entre 2014 et 2023. Le respect des recommandations variait selon la source de référence : environ 75 % selon la MA et le SPILF, contre moins de 25 % avec les recommandations plus récentes (HAS 2016 et EMA 2018/2019). L’adhésion était plus faible chez les femmes et les patients âgés de 75 ans ou plus. En 2023, c’est pour les infections urinaires et de la prostate que l’on a observé le plus grand écart par rapport aux recommandations (passant d’environ 94 % à 24 %), en raison de changements concernant les infections urinaires non compliquées chez les femmes. Pour les infections respiratoires ou ORL (oto-rhino-laryngologiques), l’adhésion est restée faible (20 à 40 %) pour toutes les références.

 

Conclusions

Malgré la diminution de l’utilisation des FQ en médecine générale, de nombreuses prescriptions ne sont toujours pas conformes aux recommandations actualisées, ce qui met en évidence un écart persistant entre les pratiques cliniques et l’évolution des lignes directrices.

Article

Dilange, L. et al. (2026), Therapies