Double immunisation contre le VRS avec RSVpreF et le nirsevimab
Contexte et objectifs de l’étude
La bronchiolite à virus respiratoire syncytial (VRS) est l’une des principales causes d’hospitalisation chez les nourrissons. En France, les familles peuvent choisir l’une des deux approches disponibles pour limiter les formes graves : la vaccination maternelle par le vaccin RSVpreF et l’immunisation passive par le nirsevimab, avec une efficacité variant de 50 % à 80 %. Certains nourrissons ont pu bénéficier des deux, soit intentionnellement (naissance moins de 14 jours après la vaccination maternelle), soit par inadvertance.
Cette étude rapporte les hospitalisations pour infections des voies respiratoires inférieures (IVRI) associées au VRS chez les nourrissons ayant reçu une double immunisation.
Méthodologie
Cette étude a été conduite à partir des données du Système national des données de santé (SNDS). Elle a inclus les nourrissons nés entre le 1er septembre et le 31 décembre 2024 en France métropolitaine, exposés à la fois à la vaccination maternelle et au nirsevimab. La vaccination maternelle était considérée comme optimale si administrée entre 24 et 36 semaines de gestation, avec un délai d’au moins 14 jours avant l’accouchement. Les critères d’évaluation incluaient les hospitalisations pour infections des voies respiratoires inférieures liées au VRS et les décès. Les nourrissons étaient suivis jusqu’au 28 février 2025.
Résultats
Au cours de la saison 2024-2025, 3 597 des 297 295 enfants vaccinés (1,2 %) ont bénéficié d’une double vaccination. Une vaccination maternelle optimale a été observée chez 2 602 nourrissons (72 %). La majorité des enfants avait reçu le nirsevimab avant fin novembre, avant le pic épidémique de mi-décembre cette année-là.
Le taux global d’hospitalisation pour infection liée au VRS s’élevait à 0,86 % (0,88% pour les nourrissons dont les mères avaient reçu une vaccination optimale et 0,80% pour ceux dont les mères n’avaient pas reçu une vaccination optimale). Chez les nourrissons dont les mères avaient reçu une vaccination optimale, une hospitalisation pour une IVRI associée au VRS a été observée chez 2 nourrissons à haut risque (0,75 % ; IC à 95 %, 0,00-1,78) et chez 21 nourrissons à faible risque (0,90 % ; IC à 95 %, 0,52-1,28). Un décès est survenu parmi la population étudiée entre le 1er septembre 2024 et le 28 février 2025.
Dans une étude précédente, nous avions démontré une plus grande efficacité de l’immunisation passive par rapport à la vaccination maternelle. Dans le groupe ayant bénéficié d’une immunisation passive, le taux d’hospitalisation pour une IVRI associée au VRS était de 1,0 % chez les nourrissons nés à terme et de 1,1 % chez les prématurés. Ces chiffres sont similaires aux pourcentages observés dans la présente étude.
Treluyer, L. et al. (2026), JAMA Pediatrics